NOTRE ENGAGEMENT AUPRÈS DES FAMILLES
dans l'intérêt de la personne vulnérable

 

 

Questions fréquentes en tutelle et en curatelle

Droits et obligations du curateur ou du tuteur

FAQ rédigé par Madame Isabelle ROQUEPLO, diplomée notaire
​Mise à jour décembre 2013

 


 

Le juge prononce-t-il toujours une mesure de protection ?

NON, une fois prouvée l'altération des facultés, le juge doit rechercher s'ils n'existent pas
d'autres moyens juridiques pour protéger la personne sans prononcer l'ouverture d'un régime de
protection.
Il peut faire application :
- du droit matrimonial pour une personne à protéger mariée et mettre en oeuvre des
autorisations ou habilitations judiciaires ;
- du droit commun de la représentation et mettre en oeuvre des pouvoirs et procurations
consentis antérieurement à la procédure par la personne à protéger ;
- du droit des tutelles et son mode conventionnel de protection et mettre en oeuvre un
mandat de protection future, c'est-à-dire une convention par laquelle la personne à protéger a organisé
à l'avance sa protection et celle de ses biens pour le cas où elle ne serait plus en mesure de le faire ellemême
en raison de son état de santé physique ou mental.
 

Le médecin traitant de la personne à protéger peut-il rédiger le certificat constatant

l'altération des facultés ?

NON, le certificat doit être obligatoirement établi par un médecin agréé, c'est-à-dire dont le
nom figure sur une liste établie par le procureur de la République.
Cette liste est disponible auprès des greffes des tribunaux d'instance.
 

Comment le juge des tutelles détermine-t-il la mesure applicable à la situation ?

Trois principes doivent guider la décision d'un juge avant le prononcé d'une mesure de
protection :
- le principe de nécessité : seule l'altération des facultés mentales ou corporelles,
médicalement constatées et mettant la personne dans l'impossibilité de pourvoir seule à ses intérêts,
peut justifier une mesure de protection.
- le principe de subsidiarité : le juge peut opter pour l'un ou l'autre des trois régimes de
protection uniquement s'il ne peut pas être pourvu aux intérêts de la personne par l'application d'autres
dispositifs moins contraignants (application des règles du régime matrimonial, existence de
procurations, mandat de protection future).
- le principe de proportionnalité : la mesure doit être adaptée à la situation du majeur à
protéger et individualisée en fonction du degré d'altération de ses facultés personnelles. Ainsi, une
curatelle ne peut être ouverte que si une sauvegarde de justice est jugée insuffisante ; une tutelle, que
si une curatelle est jugée insuffisante.
 

Comment le juge choisit-il le protecteur ?

Après avoir affirmé que "la protection est un devoir de famille et de la collectivité" (art. 415
al. 3 du Code civil), la loi fixe un ordre de priorité.
Parmi les personnes pouvant assumer la charge, le juge doit nommer :
1er. la personne choisie par avance par le majeur lui-même. Ce choix doit avoir été formulé
par déclaration devant notaire ou par un acte écrit en entier de la main par la personne à protéger, daté
et signé;
2e. la personne avec qui la personne à protéger vit en couple ;
3e. un parent ou une personne entretenant avec la personne à protéger des liens étroits et
stables ;
4e. si aucun de ces proches ne peut assumer cette charge, le juge doit désigner un
professionnel inscrit sur une liste départementale tenue par le préfet. On parle alors de mandataire
judiciaire à la protection des majeurs (MJPM). Le MJPM peut exercer à titre individuel, au sein d'une
association tutélaire ou au sein d'un établissement de santé, social ou médico-social.
 

Le juge des tutelles peut-il choisir plusieurs protecteurs ?

OUI, le choix d'une pluralité de protecteurs est possible. Elle peut s'avérer utile au regard de
la composition du patrimoine et de la situation familiale de la personne à protéger.
Il existe de multiples combinaisons. Ainsi, le juge peut :
- désigner un protecteur à la personne et un protecteur aux biens ;
- désigner des co-protecteurs ;
- répartir la tâche selon la nature des biens à gérer, par exemple confier à un protecteur la
gestion des biens mobiliers et à un autre la gestion des biens immobiliers ;
- confier à un protecteur adjoint la gestion d'un bien particulier, comme une entreprise et à
un membre de la famille, la gestion du reste du patrimoine.
 

Le protecteur peut-il prétendre à une rémunération ?

NON, la mission s'exerce à titre gratuit dès lors qu'elle est confiée à un membre de la famille
au nom de la solidarité familiale. Toutefois, le protecteur a droit au remboursement des frais réels qu'il
a engagés pour exercer sa mission.
Il existe deux exceptions :
- le juge des tutelles peut autoriser le versement d’une indemnité au protecteur familial
face à un patrimoine important à gérer ou des difficultés à exercer la mesure. Cette indemnité peut être
ponctuelle ou régulière. Elle est prélevée sur les revenus de la personne protégée.
- lorsque la mission est exercée par un MJPM, sa rémunération est fixée par décret selon un
barème calculé en fonction des ressources et du patrimoine de la personne protégée. Le financement
est assuré par la personne protégée ou si elle ne dispose pas de revenus suffisants, partiellement ou
totalement par la collectivité publique.
 

Le juge des tutelles peut-il prévoir le contrôle du protecteur ?

OUI, le juge peut désigner un subrogé tuteur ou curateur pour surveiller les actes réalisés
par le tuteur ou le curateur. Il doit avertir le juge des tutelles s’il constate des anomalies ou des erreurs.
Cette tâche peut être confiée à un membre de l'entourage de la personne protégée ou à un
professionnel.
Le subrogé tuteur ou curateur est destinataire du compte rendu annuel de gestion établi par le
protecteur et il doit le contresigner.
Le subrogé tuteur ou curateur a également pour mission de remplacer le protecteur lorsque
ce dernier est en conflit d’intérêts avec son protégé pour la passation d’un acte (ex : un frère, tuteur de
sa soeur appelé, avec cette dernière, à la succession de leur mère).
 

Vous avez été désigné protecteur de l'un de vos proches, quels principes doivent

gouverner votre action ?

Le législateur en a fixé quatre principaux et essentiels :
- le protégé doit recevoir la protection de sa personne et de ses biens ;
- le protecteur doit exercer la protection dans le respect des libertés individuelles, des droits
fondamentaux, de la dignité de la personne et dans le respect de la confidentialité des informations ;
- toutes les actions menées doivent avoir comme finalité l'intérêt de la personne protégée ;
- et toutes les actions menées doivent, dans la mesure du possible, favoriser l'autonomie de
la personne protégée.
 

Comment préserver l'autonomie votre protégé ?

1. En lui conservant son cadre de vie
Votre protégé doit choisir librement son lieu de vie.
Son logement, qu'il s'agisse d'une résidence principale ou secondaire doit être conservé le
plus longtemps possible, tout comme son mobilier, ses souvenirs et ses objets personnels (art. 426 du
Code civil).
Si la vente s'avère nécessaire une procédure particulière sera à respecter (autorisation du juge
et avis d’un médecin agréé dans certains cas).
2. En lui conservant ses comptes bancaires
Vous devez respecter les habitudes bancaires de votre protégé. Vous ne pouvez ni modifier,
ni ouvrir, ni clôturer un compte bancaires ou un livret ouverts au nom de votre protégé, sans l'accord
préalable du juge (art. 427 du Code civil).
 

Qu'entend-on par respect des libertés et des droits fondamentaux ?

Votre protégé, quel que soit le régime choisi par le juge, ne peut pas être privé de certains
droits :
- il doit recevoir son courrier ;
- il doit choisir librement ses relations personnelles : il peut entretenir des relations avec
qui il souhaite, parent ou non ; il a le droit d’être visité et d'héberger les personnes qu'il désire. En cas
de difficulté, vous devez saisir le juge ;
- il doit être informé du déroulement de la mesure de protection : il doit avoir accès aux
informations le concernant, ainsi qu'à une information claire, compréhensible et adaptée sur la
procédure s'appliquant à lui et sur son déroulement. Vous devez toujours rechercher, dans la mesure
du possible, son consentement.
- il doit conserver son droit de vote ; néanmoins, le juge des tutelles peut le supprimer, en
se référant aux préconisations du certificat circonstancié d'un médecin agréé établi en vue de
l'ouverture de la mesure.
 

Des actes échappent-ils totalement à l'action du protecteur ?

OUI, les actes strictement personnels. Le législateur a considéré que ces actes relevaient
tellement de l'intime qu'ils ne pouvaient appartenir qu'à votre protégé.
Pour ces actes, vous ne pourrez jamais assister ou représenter votre protégé, et ceci même si
ce dernier est totalement incapable d'y consentir.
Aucune autorisation judiciaire ne peut faire échec à ce principe.
Il s'agit d'actes à caractère essentiellement familial, dont notamment :
- la déclaration de naissance ou la reconnaissance d'un enfant ;
- les actes de l'autorité parentale ;
- la déclaration du choix du changement de nom d'un enfant ;
- le consentement donné à sa propre adoption ou à celle de son enfant ;
- la rédaction ou révocation d'un testament.
 

Quel principe doit guider votre action ?

Le législateur n'a pas envisagé la protection comme un pouvoir contraignant sur le protégé,
mais comme un devoir du protecteur. Ainsi, si le juge n'a pas dissocié protection aux biens et
protection à la personne, vous ne devez pas limiter votre action à la protection des biens, mais assurer
également la protection de la personne.
Néanmoins, si l'état votre protégé le lui permet, il doit prendre seul les actes relatifs à sa
personne. Dans le cas contraire, dans la mesure du possible, vous devez le faire participer à la décision
et rechercher son consentement.
Un rapport d'activités faisant le bilan de votre mission et de vos actions devra être remis au
juge chaque année.
 

Votre protégé peut-il librement se marier ?

NON, sauf en cas de sauvegarde de justice, il doit être autorisé :
- sous curatelle, par vous-même et en cas de désaccord, par juge;
- sous tutelle, par le juge, après audition des futurs époux et consultation de la famille et
de l'entourage du protégé, si le juge l'estime nécessaire.
 

Votre protégé peut-il librement se pacser ?

NON, sauf en cas de sauvegarde de justice, il peut :
- sous curatelle, signer avec votre assistance la convention de PACS ; puis seul la
déclaration conjointe devant le greffier du tribunal d'instance ;
- sous tutelle, les mêmes conditions que pour un mariage s'appliquent ; puis, comme pour
une curatelle, votre protégé doit signer avec votre assistance la convention de PACS et seul la
déclaration conjointe devant le greffier du tribunal d'instance.
 

Votre protégé peut-il librement divorcer ?

Lorsqu’un des époux est placé sous sauvegarde de justice, le juge aux affaires familiales
doit suspendre la procédure de divorce si elle est en cours, ou ne pas l’ouvrir si elle n’est pas encore
entamée. Il doit attendre la décision définitive du juge des tutelles, c'est-à-dire la levée de la mesure
de sauvegarde de justice ou le prononcé d'une mesure de curatelle ou de tutelle.
Lorsqu’un des époux se trouve sous curatelle ou tutelle, aucune demande en divorce par
consentement mutuel ou pour acceptation du principe de la rupture du mariage ne peut être présentée.
Votre protégé peut seulement divorcer pour faute ou pour altération définitive du lien
conjugal.
Votre protégé devra être assisté ou représenté durant toutes les étapes de la procédure.
 

Par qui et comment sont prises les décisions médicales concernant votre protégé ?

Quel que soit le régime de protection prononcé, votre protégé a le droit de disposer d’une
information médicale claire, précise et adaptée à ses facultés de compréhension, délivrée par son
médecin. Il lui appartient de consentir seul aux actes médicaux, vous n'avez pas à intervenir.
Votre protégé peut ainsi refuser de se soigner. Seul son médecin pourra passer outre sa
décision, dès lors que l’acte médical est indispensable et destiné à lui sauver la vie.
Si votre protégé n'est pas en mesure d'exprimer sa volonté et s'il n'a pas désigné de personne
de confiance :
- vous devez consentir aux soins courants ;
- si votre décision a pour effet de porter gravement atteinte à l'intégrité corporelle de
votre protégé :
vous devrez obtenir l'accord du juge ;
en cas d'urgence vitale, vous pouvez consentir seul et informer le juge de la
situation sans délai.
 

Votre protégé peut-il désigner une personne de confiance ?

OUI, sous sauvegarde de justice ou sous curatelle, seul et à tout moment.
NON, sous tutelle et pendant toute la durée de la mesure de protection.
 

Pouvez-vous accomplir librement tous les actes patrimoniaux ?

NON, vous allez rencontrer trois types d'actes, dont la qualification déterminera vos pouvoirs :
- l'acte conservatoire permet de sauvegarder le patrimoine ou de soustraire un bien à un
péril imminent ou à une dépréciation inévitable sans compromettre les prérogatives du propriétaire. Il
s'agit d'un acte de protection n'engendrant pas d'appauvrissement (ex : souscription d'un contrat
d'assurance sur un bien).
- l'acte d'administration correspond à une opération normale de gestion d'un patrimoine.
Il n'engage pas l'avenir, ne modifie pas la substance du bien et porte seulement sur ses revenus (ex : la
perception de loyers).
- l'acte de disposition est l'acte le plus grave. Il modifie la composition du patrimoine par
le transfert d'un droit ou la souscription d'un engagement juridique important (ex : la vente ou la
donation d'un immeuble).
Bien qualifier un acte, vous permettra de déterminer si vous pouvez agir seul ou avec votre
protégé, avec ou sans l'autorisation du juge des tutelles.
 

Un texte peut-il vous aider à qualifier les actes patrimoniaux ?

OUI, le décret n°2008-1484 du 22 décembre 2008, qui détermine la liste des actes regardés
comme acte d'administration ou comme acte de disposition.
 

Quelles doivent être vos 1ères démarches ?

Vous devez rapidement
- Dresser l'inventaire des biens de votre protégé dans les 3 mois de l'ouverture de la
mesure.
Il doit contenir :
une description des meubles meublants. Cet inventaire est réalisé, en présence de
votre protégé si possible et de son avocat le cas échéant, par un officier public ministériel
(commissaire-priseur ou huissier de justice) ou par vous-même en présence de deux témoins, qui ne
sont ni au service de votre protégé, ni à votre service ;
une estimation des biens mobiliers et immobiliers, dont la valeur est supérieure à
1.500 € ;
la désignation des espèces en numéraire ;
et un état des comptes bancaires, des placements et autres valeurs mobilières. Les
établissements financiers ne peuvent pas vous opposer le secret professionnel.
- signaler l'existence de la mesure aux organismes bancaires, aux organismes versant des
ressources (caisses de retraite, organismes sociaux, caisse d'assurance maladie….) et à toute personne
ou organisme en relation financière avec votre protégé (trésor public, banques, compagnies
d'assurances, syndic de copropriété, services d'aide à domicile ….) ;
- ouvrir un compte ou livret au nom de votre protégé s'il n'en possède pas déjà un ouvert à
son nom ;
- récupérer tous les moyens de paiement de votre protégé ;
- prendre les mesures conservatoires, vérifier notamment les polices d'assurances ;
- vérifier que la décision de mise sous protection a été transcrite en marge de l'acte de
naissance de votre protégé en demandant un extrait. Ce n'est qu'une fois cette formalité effectuée, que
la décision de mise sous protection est opposable à tous.
 

Quelles diligences devez-vous effectuer régulièrement ?

Vous devez :
- établir et réactualiser un budget ;
- réactualiser l'inventaire initial aussi souvent que nécessaire ;
- donner régulièrement à votre protégé, en les adaptant à ses facultés de compréhension,
les informations sur sa situation personnelle et sur les actes envisagés pour lui, leur utilité, leur degré
d’urgence, leurs effets et les conséquences d’un refus de sa part ;
- sauf dispense prévue par l'ordonnance ou jugement d'ouverture de la mesure, adresser au
greffe du Tribunal d'instance, chaque année, un compte rendu de gestion de l’année passée faisant la
synthèse des opérations réalisées. A ce compte, doivent être annexés un relevé de l’ensemble des
comptes bancaires ouverts au nom de votre protégé au jour de l’établissement du compte et toutes les
pièces justificatives (factures - impôts - etc.)
Une copie de ce compte est également remise à votre protégé, ainsi qu’au subrogé curateur
ou tuteur s’il en a été désigné un.
 

Quels actes patrimoniaux vous sont interdits ?

Vous ne pouvez jamais accomplir même avec une autorisation du juge :
1° un acte qui emporte une aliénation gratuite des biens ou des droits de votre protégé (par
exemple, la mainlevée d'une hypothèque sans paiement) ;
2° acquérir d'un tiers un droit ou une créance que ce dernier détient contre votre protégé ;
3° exercer un commerce ou une profession libérale au nom de votre protégé ;
4° acheter les biens de votre protégé ou les prendre à bail ou à ferme, sauf exception ;
5° transférer dans un patrimoine fiduciaire les biens ou droits de votre protégé.
 

Que faire lorsque que vos intérêts se trouvent en opposition avec ceux de votre protégé ?

Protecteur familial, vous pouvez être en opposition d'intérêt avec votre protégé. Tel sera le
cas, par exemple, si vous engagez une procédure de divorce contre votre épouse, dont vous assurez la
tutelle ; si vous devez accepter une donation consentie par votre père, dont vous assurez la curatelle
renforcée ….
Il vous appartient alors de faire intervenir le subrogé curateur ou tuteur, s'il a été désigné, ou
à défaut, de demander la désignation d’un curateur ou tuteur ad hoc au juge des tutelles.
 

L'exercice de la mesure engage-t-il votre responsabilité ?

OUI, vous êtes engagé tant civilement que pénalement dans l'exercice de votre mission :
- Votre responsabilité pénale :
Si vous détournez le patrimoine de votre protégé ou si vous abusez de son état de faiblesse,
vous commettez un délit et vous encourez des peines allant de 3 à 7 ans d'emprisonnement et de
375.000 à 750.000 € d'amende.
- Votre responsabilité civile
Dans l'exercice de votre gestion, vous devez apporter "des soins prudents, diligents et
avisés", à défaut votre responsabilité pourra être recherchée.
Ainsi, vous devrez répondre des dommages résultant de votre mauvaise gestion et ceci qu'ils
aient été causés à votre protégé ou à un tiers, volontairement ou non.
Il est indispensable de vous poser la question de la nécessité ou non de souscrire une
assurance responsabilité civile.
Une telle assurance couvre les risques liés à l'exercice de la mesure pendant son exercice,
mais également pendant le délai de prescription, c'est-à-dire cinq années à compter de la fin de la
mesure.
 

A quel moment s'achève votre mission ?

Elle prend fin :
- à l’expiration du délai fixé par le juge des tutelles, en l'absence de renouvellement de la
mesure ;
- par un jugement de mainlevée de la mesure rendu par le juge des tutelles après avoir
constaté que votre protégé a retrouvé ses facultés ;
- par un changement de protecteur décidé par le juge ;
- par votre mise sous protection juridique ;
- ou par le décès de votre protégé ou par le vôtre.
 

Si les capacités de votre protégé ne se sont pas améliorées à la fin de votre mission, la

mesure est-elle tacitement reconduite ?

NON, vous devez saisir le juge avant la fin de la mesure afin qu'il la révise.
Nous vous conseillons d'anticiper cette démarche en l'effectuant dans le six mois précédant
la fin de la mesure initiale et éviter ainsi que le juge soit contraint de se saisir d'office.
Si vous souhaitez que la mesure initiale soit maintenue, une seule pièce doit être produite :
un certificat médical rédigé par tout médecin.
Si vous souhaitez que la mesure initiale soit aggravée ou si vous souhaitez qu'elle soit
renouvelée pour une durée plus longue que la durée initiale, les facultés de votre protégé
n'apparaissant manifestement pas susceptible de connaître une amélioration, vous devrez produire en
annexe de votre requête un certificat médical rédigé par un médecin agréé, inscrit sur la liste établie
par le Procureur de la République.
Dans tous les cas, le juge va recevoir votre protégé, sa famille et ses proches, comme dans le
cadre d’une ouverture de mesure de protection. Suite à ces auditions et au vu du certificat médical, il
va décider soit de maintenir la protection initiale, soit l'alléger ou soit la renforcer.
 
Sauf si le juge vous a dispensé de rendre les comptes de gestion, vous devez :
- établir, dans les meilleurs délais, le compte final de votre de gestion et le transmettre au
greffier du Tribunal d'instance avec toutes les pièces justificatives ;
- dans les 3 mois de la fin de la mesure, remettre une copie des cinq derniers comptes
annuels de gestion, du compte final, de l'inventaire initial et de ses actualisations à :
votre ancien protégé ;
à ses héritiers ou au notaire qu'ils vous auront désigné ;
ou à votre successeur.
Vous devez veiller à leur transmettre toutes les pièces nécessaires à la poursuite de la gestion
ou à la liquidation de la succession (par exemple, les contrats d'assurances, les titres de propriété, les
titres de pensions ….).